Alerte Ebola en RDC : La souche Bundibugyo atteint un seuil record et met la riposte à l'épreuve
L'est de la République démocratique du Congo (RDC) est actuellement le théâtre d'une épidémie d'Ebola causée par la souche Bundibugyo, qui a franchi la barre symbolique des 1 000 cas confirmés et entraîné plus de 250 décès. Cette flambée, qui s'est développée en seulement cinq semaines, est désormais la plus importante jamais enregistrée pour cette souche spécifique du virus, identifiée pour la première fois en 2007.
La province de l'Ituri est particulièrement touchée, concentrant plus de 91% des cas et 80% des décès, suivie par le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Bien que le virus Bundibugyo soit généralement considéré comme moins létal que la souche Zaïre, la létalité observée dans certaines zones dépasse les 40%, voire les 70%, soulignant des défis majeurs dans la prise en charge précoce des patients.
La riposte fait face à de multiples obstacles. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a souligné l'arrivée tardive des malades dans les structures de soins, souvent à un stade avancé de la maladie, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie. Les problèmes logistiques, notamment le manque d'ambulances et les retards douaniers pour leur acheminement, aggravent cette situation. Le personnel soignant est également en première ligne, avec 78 agents contaminés et 18 décès, un taux de létalité supérieur à la moyenne nationale, attribué en partie à l'insuffisance d'équipements de protection individuelle.
La sécurité reste une préoccupation majeure. Des incidents impliquant des attaques communautaires lors d'enterrements et la présence de groupes armés limitent l'accès aux zones affectées, rendant le travail des équipes de riposte encore plus périlleux. Le financement de la riposte, estimé à 519 millions de dollars, est également un enjeu, l'État congolais ayant déjà versé 50 millions, tout en appelant à la redevabilité des partenaires financiers.
Malgré ces défis, les équipes de riposte se préparent à une éventuelle nouvelle hausse des cas, le pic de l'épidémie n'étant pas encore atteint. De nouveaux centres de traitement sont en construction et des relais communautaires sont formés pour renforcer la surveillance épidémiologique. Sur le plan scientifique, la question d'une protection croisée pour les personnes vaccinées contre la souche Zaïre est à l'étude, avec des indications préliminaires suggérant une protection partielle.
Cette épidémie d'Ebola Bundibugyo en RDC met en lumière la complexité des ripostes sanitaires dans des contextes difficiles, où les enjeux logistiques, sécuritaires et communautaires s'ajoutent à la virulence du virus. Une mobilisation continue et coordonnée est essentielle pour contenir cette crise et protéger les populations affectées.