L'anglais comme future langue officielle en RDC : une question constitutionnelle évoquée par Patrick Muyaya
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a soulevé la possibilité d'intégrer l'anglais parmi les langues officielles de la République Démocratique du Congo, sous réserve d'une révision constitutionnelle. Cette déclaration intervient dans un contexte de forte demande pour la maîtrise de cette langue.
La question de l'élargissement des langues officielles en République Démocratique du Congo a récemment refait surface, suite aux propos de Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement. Lors de la clôture de la Semaine de l'étudiant, en réponse à une requête concernant une bourse pour l'apprentissage de l'anglais, Monsieur Muyaya a ouvert la porte à l'officialisation de l'anglais, conditionnée par une éventuelle modification de la Constitution actuelle. Cette déclaration, bien que n'étant pas une proposition formelle, a ravivé le débat sur l'identité linguistique du pays et son positionnement sur la scène internationale.
Actuellement, la Constitution de la RDC est claire : le français est la seule langue officielle. À ses côtés, quatre langues nationales — le lingala, le swahili, le kikongo ya leta et le tshiluba — jouent un rôle primordial dans la communication et la culture du pays. L'ajout de l'anglais en tant que langue officielle représenterait un changement significatif, potentiellement lourd de conséquences sur les systèmes éducatif, administratif et judiciaire, mais aussi sur l'intégration régionale et économique de la RDC, notamment au sein de communautés comme la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) où l'anglais est prédominant.
La demande pour l'apprentissage de l'anglais, illustrée par la requête de la jeune étudiante, est un indicateur de la perception grandissante de l'anglais comme un atout majeur pour l'employabilité et l'ouverture sur le monde. De nombreux jeunes Congolais reconnaissent l'importance de cette langue pour accéder à des opportunités professionnelles, académiques et technologiques, particulièrement dans un marché globalisé. Cette aspiration collective met en lumière une réalité sociologique qui pourrait, à terme, influencer les orientations politiques et constitutionnelles du pays.
Il est important de souligner que la déclaration de Patrick Muyaya n'engage pas le gouvernement sur une initiative législative immédiate. Il s'agit d'une réflexion à haute voix, soumise à la condition d'un processus complexe de révision constitutionnelle. Un tel changement nécessiterait des débats approfondis, impliquant diverses parties prenantes – linguistes, juristes, politiciens, éducateurs et la société civile – afin d'évaluer les avantages et les défis d'une telle mesure pour l'unité nationale et le développement futur de la RDC. La discussion est désormais ouverte, sans qu'aucune proposition officielle n'ait encore été déposée.