RDC : La rue gronde face aux velléités de modification constitutionnelle, Lamuka en chef de file
Lamuka, par la voix de Prince Epenge, met en garde contre toute tentative de modification de la constitution en RDC, brandissant la menace de mobilisations populaires face à ce qu'il perçoit comme une manœuvre pour un troisième mandat.
Le débat sur la modification de la Constitution en République Démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus tendue. Lamuka, plateforme politique majeure, prend à témoin la population, la société civile, les organisations non gouvernementales et la communauté internationale contre tout projet visant à altérer la loi fondamentale. Prince Epenge, vice-président et porte-parole de Lamuka, agite le spectre de la rue, prévenant d'une mobilisation massive si le pouvoir en place, l'Union Sacrée, persistait dans son intention de modifier la Constitution. Une telle démarche est perçue par Lamuka comme une stratégie visant à maintenir l'actuel chef de l'État, Félix Tshisekedi, au pouvoir pour un troisième mandat, une idée jugée inacceptable.
Dans le bras de fer engagé, Lamuka annonce des actions musclées sur le terrain, refusant de faire marche arrière sur sa position. Alors que l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) accélère le mouvement en déposant une proposition de loi organique relative à l'organisation du référendum, Prince Epenge met en garde le parti au pouvoir. Il appelle à de fortes mobilisations des Congolais à travers le pays et dans la diaspora, soulignant que le peuple n'est pas demandeur d'un changement constitutionnel. Selon lui, les préoccupations majeures de la population résident dans le social et l'insécurité qui sévit notamment au Kivu, en Ituri et au Bandundu, et non dans la révision d'une Constitution que le président lui-même avait juré de protéger.
Le porte-parole de Lamuka insiste sur le fait que le Congo n'a pas besoin d'un roi, mais d'un président dont le mandat est limité par la Constitution. Il interpelle les pro-Tshisekedi en leur demandant de ne pas pousser le chef de l'État à commettre une erreur fatale en cherchant à s'éterniser au pouvoir. Pour Prince Epenge, Félix Tshisekedi a l'opportunité de quitter la scène politique par la grande porte après ses deux mandats, comme il l'avait lui-même envisagé dans le passé. Lamuka, se préparant pour les échéances électorales de 2028, défie l'UDPS de justifier l'urgence d'une telle modification et de démontrer en quoi la Constitution actuelle entrave la capacité du chef de l'État à répondre aux besoins fondamentaux du peuple congolais.